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jeudi 13 janvier 2011

Madame du Figaro

Que diriez-vous d’un petit « ça m’énerve » supplémentaire ?

Ho bien sur pas une révolte engagée, une critique sociale acerbe, un coup de gueule ravageur, je laisse cela aux actrices que je veux bien croire sincères ou aux chanteuses qui construisent des hôtels rue de la Paix mais me semblent moins convaincantes.
Non, non, un petit « ça m’énerve », juste pour me faire du bien.

Certains, certaines vont toutefois s’étonner du sujet de cet agacement, récent mais persistant.
Pour ceux et celles qui l’ignorent encore, il est en totale contradiction avec une de mes plus vieilles et tenaces addiction. Mais….. Fallait bien que ça arrive….tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin, elle pique une crise.






Distribution des rôles donc.
La cruche : moi-même. 20 années de cruchonne, régulière, sans faille, accrochée à l’eau comme je sais m’accrocher, cramponnée.
L’eau : les magazines féminins.
Et la niche se demandent ceux qui me suivent, elle arrive, elle arrive je vous le promets.

Oui, 20 ans à lire la presse féminine. Marie Claire, Cosmo, Biba et Glamour. Mes co addicts se diront que pour certains titres c’est impossible, bien sur, disons que j’ai enrichi au fil des années ma consommation.
Jamais dupe, toujours lucide, mais rien n’y fait, je ne peux résister à chaque nouvelle parution.


Au passage avez-vous remarqué que la date de sortie est de plus en plus avancée dans le mois précédent ? Non ?

Nous, les filles accro à la presse féminine, nous retrouvons à faire l’essai du maillot parfait en avril, le test de notre quotient sexuel en mai, en juin nous savons si l’amour de notre été survivra à la rentrée, en juillet nous prenons les résolutions d’automne, en septembre nous faisons le régime détox avant les fêtes, en octobre des achats de Noël, en novembre nous savons tout de notre horoscope de l’année suivante.

C’est une vraie perte de repère, il faut avoir de la mémoire, de l’organisation et des fiches avec rappel sur agenda (il existe sans nul doute une application Iphone pour ça) pour ne pas débarquer grosse sur la plage dans un maillot de l’année dernière, résolue à exploiter un capital sexuel mésestimé, les bras chargés des cadeaux « que c’est trop ça la tendance du moment » et certaine de rencontrer un lion.

Mais on s’organise, on tient bon, hein les filles ?

La presse féminine donc, qui nous fait passer, nous prend un peu aussi pour des connes, mais pas que.
Cette presse à laquelle je ne peux résister, craignant de rater la sortie de la crème miraculeuse anti tout, le retour des poix et de la rayure marine (période très courte de chaque année où ces deux imprimés sont de sortie, tous les ans, oui oui), le témoignage de la star, voir ma référence à la papesse du genre Monica dans un de mes articles précédents, ou le fameux menu de Saint Valentin, parce que fort heureusement on a la fiche « cette fois ci je rencontre un mec bien ».

Bien sur jamais je ne lis les critiques littéraires, les pages pratiques.
Toujours je peste contre ces mannequins pré pubères anorexiques, entortillées sans signe extérieur de souffrance autour d’un cactus mexicain dans le désert du pays du même nom, pour présenter une paire de chaussures importables mais à porter quand même, avec le « must have » sarouel moutarde.

Bien sur, mais un peu de futilité, de parce que je le vaux bien, et de frange ou pas frange, dans ce monde de brutes fait du bien non ? A moi oui en tous cas, jusqu’à ce que je croise la niche…


Ho cancer, tes  effets secondaires et  tes dommages collatéraux Ho toi cancer comme je te déteste alors.

Alors évidemment, les patientes de Villejuif n’ont pas ce grave problème, celles de province non plus d’ailleurs qui font parfois une centaine de kilomètres pour se rendre à une séance, mais moi je suis suivie à Neuilly, sur Seine, parce que Neuilly en Thelle existe aussi mais dans un tout autre genre.

C’est un hasard, mais je n’ai aucun doute là-dessus, je suis bien suivie à Neuilly.

La maladie, source de tant d’enseignements, m’a appris le sens précis d’un mot.
Le corps médical ne nous appelle pas des malades, des cancéreux, des condamnés à mort, des « greveurs » de déficit de sécurité sociale, le terme exact est : patient.

Parce que patient il faut l’être. Des heures en salle d’attente, des heures de traitements, des heures sur différentes chaises, plus ou moins collée à d’autres patients, mais des heures surtout.

Alors un jour, lasse de patienter, dans une salle d’attente Neuilléenne, j’ai tendu la main à Madame Figaro.


La toute première rencontre est inoffensive, comme la découverte d’un autre monde, c’est exotique.

Mais au rythme d’un rendez vous par semaine, pendant un an, avec ce seul magazine disponible, croyez moi on se forge une opinion honnête et éprouvée.

Madame Figaro, tu m’énerves.
On devrait dire Madame du Figaro, déjà pour commencer.

Ensuite, sachez que tous mes commentaires sont dénués de connotation politique, et que j’ai un amour profond pour Jean d’Ormesson.
Mais Madame du Figaro, tu m’énerves.



Quand tu nous fais la shopping liste de la rentrée, mon dressing me semble être un surplus d’Emmaüs.

Quand tu évoques les bijoux indispensables, j’apprends des noms de créateurs que tu dis classiques.

Quand tu es fatiguée, mais de quoi feignasse, aucune page emploi ou « comment valoriser mon cv » comme dans cosmo, quand tu es fatiguée donc tu pars faire une détox de luxe en Italie.

Quand tu bricoles vite fait un petit dessert c’est un gâteau de semoule de Kamut sans doute soufflée par Camille Lesecq, moi j’ajoute du miel d’acacia à un yaourt.

Tu habilles tes enfants façon « New old school » « bébés rockers » ou « singing in the rain », tous blonds, un hasard. Chez moi si il y a deux chaussettes identiques, fois deux pour jumeaux, je célèbre Saint Thomson, mon sèche linge.

J’en ai lu peut être 428, mon sens de la mesure, pas une page des triplés avec ses répliques désuètes prononcées par une mère re blonde ne m’a fait esquisser l’ombre d’un sourire. Alors que parfois dans la vie, je pouffe d’un rien.

Tu décryptes les cougars à grand renfort de psychologue, juste après avoir posé la question : « comment être soi au milieu des autres », une table ronde sur ce que veulent les femmes.
Alors que je regarde Cougar Town en streaming.

Dans tes pages cultures j’ai appris que la Sibérie est l’un des centres majeurs de l’art contemporains en Russie. Sans voix.

Yves Salomon vend des manteaux de fourrures au 245 de la rue Saint Honoré. Et ma boulangère des éclairs à la pistache.

Tu me traites de mère solo, je te soupçonne d’apprécier l’expression « héros ordinaire ».

Tu as évidemment une chaise tulipe, à côté d’un canapé Mah Jong Matelot , tu sais où je les mets moi les tulipes ?

Une créatrice de mode alanguie après son ouverture de boutique à Los Angeles, où tu t’es rendue bien sur, déclare « je me maquille peu mais je fais attention à mon teint » alors que moi, mon teint si je me maquille peu, il est vert comme les palmiers de Los Angeles.

Chitose Abe, une styliste japonaise, m’apprend que je dois avoir une tenue en accord avec mon mode de vie. Depuis je cherche, je cherche.

Pause : ne m’épargnez pas, si quelqu’un avait déjà entendu parler de cette styliste, je veux le savoir. Même chose pour Pichayanun Chindhaporn et Elena Stongyliotou, stylistes également.

Je ne serai jamais dans le carnet de Stéphane Bern, alors que je jure y avoir vu la mère du Monsieur de Ma Dame (cf articles précédents).

Mauboussin a payé une actrice pédante et sans talent, pour se coller les cheveux en travers du visage, éteindre son regard photoshopé,  et lui faire dire alors que elle semble sortir de trois heures de soins esthétiques et  des mains de  Farrugia, Fred bien sur, « amour le jour se lève ».
Mon radio réveil de fille qui ne boit pas de thé le matin…..


Tes mots croisés ? Réticule, en trois lettres….. alors ….. sac !
En astronomie, réticule est le nom d'une constellation de l'hémisphère sud, c’est marqué dans wikipédia.


Et les derniers pour la route parce que m’énerver n’est pas bon etc etc, mais comment y résister….

Madonna dit se réveiller chaque matin avec un plan de bataille dans la tête et c’est épuisant alors que j’apprends que Paul Smith, l’heureux homme a dû se fâcher quatre fois dans sa vie. Je suis plus Madonna que Smith, donc.

Madame du Figaro, pardon par avance, mais…. Salope.
Désolée, ça fait du bien, sa niche est si éloignée de la mienne que jamais elle n’entendra mon juron.

Je ne peux plus la lire, Madame du Figaro, j’ai peur que l’effet de mes chimio s’annule devant l’abîme qui me sépare de sa vie parfaite, si riche et enrichie, si trop tout.
Survivre je vais le faire, mais la vie de Madame du Figaro, je ne l’aurai jamais….

En même temps, devinez qui a déposé un Charlie Hebdo à Neuilly, négligemment et se rend en salle d’attente avec les Inrock piqué à son fils…


Madame du Figaro, pfffff

Trucs et astuces

Il est temps que je vous fasse profiter d’une autre de mes compétences, durement acquise après 10 longs mois de présence en qualité d’assistante dans une société que je ne peux hélas citer ici, mais dont le seul nom et activité, croyez moi sur parole, écrite, justifierait cet article.

C’était l’époque affreuse où mes fils avaient besoin de leur maman la nuit, à la sortie d’école, les jours fériés, pour des bisous, des câlins, des repas préparés avec soin et diététique. Nous n’en étions pas à ce stade où deux adolescents estiment qu’un bisou furtif sur la joue suffit à combler mon vide affectif (ça va, je sais, je leur ai expliqué comment présenter les choses à leur futur psy), où ils savent se nourrir, se gèrent comme ils disent…
C’était l’époque honnie où je fréquentais d’autres collègues que des sages femmes connues pour leur grande douceur, leur parfaite bienveillance, leur totale abnégation, toutes ces exceptionnelles qualités de cœur… indispensables à l’exercice de ma profession.

C’était l’époque amusante où je répondais à des offres de postes plus rémunérateurs que le précédent, bluffant, ignorant totalement ce qu’on attendait de moi, comprenant à peine l’intitulé de la fonction, me concentrant sur la case salaire.
Oui j’étais crédible alors (nécessité fait loi et mes talents de comédienne s’avéraient césarisables) vénale, croyez moi je fus bien punie.

J’étais donc assistante import dans une société d’import, donc. Je vous expliquerais volontiers combien c’était inconscient de la part du patron de me confier la responsabilité du voyage de  tant de containers, remplis de marchandises à la facture si onéreuse, à travers le globe, à moi qui n’ai aucune maîtrise de la géographie, des chiffres et si peu de pratique de l’anglais version pakistanais ou chinois. Je ne peux pas, ce n’est pas le sujet de mon article.

Jamais je n’ai eu à subir autant d’ostracisme (oui je fais exprès) au quotidien. Il m’était reproché en vrac, une religion différente, un vocabulaire précieux (n’importe quoi), des tenues pas assez courtes, pourtant…, et une totale désinvolture en salle de réunion devant chaque découverte de nouveau gadget from China qui allait révolutionner les cours de récréation et augmenter grandement le volume de la poche gauche arrière du patron.

C’est en effet dans cette poche qu’il conservait la liasse de billets de 500 euros qui lui permettait de passer des nuits sereines sur des tables de poker et de nous payer un quart de notre salaire. Ha bon, ce n’est pas légal ? C’est ça ou rien, d’accord alors.
La droite renfermait le briquet Dupont, c’est si chic, avec lequel il rallumait sans cesse son cigare. Dans l’histoire du cigare et les fameux tiers, j’ai surtout retenu le troisième, le purin, il se gardait le deuxième, le divin, et sa secrétaire bête à en manger, conservait le premier, le foin.

Mais je m’égare.

Mes trucs et astuces donc, pour pourrir la vie de vos collègues de bureau….
N’oubliez pas mon principe, tout ce que j’écris est authentique.


Une petite chose toute simple :
La machine à café, ouvrez là, enlevez la cartouche de sucre. Jetez là discrètement. Vous verrez qu’il faut en moyenne 10 cafés, parfois de la même personne, avec temps d’attente refroidissement, touillage inutile, tentatives multiples avec j’appuie plus fort sur le bouton sucré, pour qu’un caféinomane  plus cortiqué que les autres ne vérifie la cartouche sucre ou même ne pense à ajouter du sucre en poudre.
Moi ça m’est égal, je le prends sans sucre, disais-je.
Surtout ne pas sourire.

Deuxième chose facile.
Se rendre aux toilettes avec son sac à mains, celui de la période « it bag de saison taille xxl », ne pas oublier de prendre l’air gêné de la fille qui a ses périodes (ses trucs, les anglais, des métrorragies abondantes, ses règles en bref) pour justifier l’embarquement du dit sac aux toilettes. Demander avant à la cantonade « quelqu’un aurait un spasfon ? » aide à la crédibilité de la scène. Et là, voler tout le stock de papier toilettes. Passer le reste de la journée à ne pas sourire devant la quête des collègues, prêts à tout pour le don d’un kleenex.
Evidence, ne pas en proposer, mais en tournicoter un entre ses doigts, éternuer dedans, en ajoutant « oups c’est mon dernier, tu le veux quand même ? »

Un truc à décliner.
Dans la dite société, la fourniture essentielle était l’agrafe, pour agrafer donc les règlements aux factures, les commandes au relevé du commercial, les photos aux fiches produits, tout tout tout devait être agrafé à quelque chose. Mon pouce et index droit ont conservé longtemps un peu de corne aux endroits d’appui, Nuxe, Mixa, Homéoplasmine ont mis tous leurs principes actifs pour éliminer cette incongruité physique.
Jeter le stock d’agrafes, trop simple mais à faire, se tromper dans la commande de réassort, plus mieux ! J’ai paralysé le service commercial pendant 3 jours. Il faut savoir que j’avais été en charge du comparatif et appel d’offres de fournitures de bureau, oui il y a des acheteurs qui sont prêts à changer de fournisseurs pour des agrafes par 5000, taille 26/6 à 0,02 centimes moins chers.
Déclinez donc selon la fourniture essentielle.
Profitez des trois jours de plainte et des conversations autour de la machine à café.


Tiens justement, la machine à café, temple des conversations sur la météo et le programme télévisuel essentiellement avec des chiffres 1 et 6. Les chaînes les plus regardées des français.
Il vous faudra un peu de recherches internet, mais vous êtes comme moi, vous ne regardez pas les dites chaînes, vous avez un peu de temps libre le soir pour vous rendre sur certains sites.
A la question : « t’as vu la finale de la nouvelle star », répondre, « non je l’ai ratée bêtement j’étais au Palais Garnier, reprise du Don Quichotte de Noureev, c’est ballot »
A la réplique « l’avait dit à la météo qu’il ferait froid » répondre « pas vu j’étais au vernissage de l’exposition Kieffer au Grand Palais, c’était beau, j’ai croisé Marek Halter, il est abordable en plus ».
A l’affirmation « l’est trop beau Gad Elmaleh dans chouchou » répondre « ha oui mon voisin du quatrième étage » (si c’est vrai, j’aurais du garder une photo de sa boîte aux lettres, bien que mon arrivée dans l’immeuble ait eu lieu deux ans après son déménagement).
Après ça, personne ne vous impose la platitude affligeante de ses conversations.
Appréciez ce silence.

Un peu de technicité.
Le standard téléphonique. Choisir la moins gentille de vos collègues, mais si il y en a une, c’est évident. Attendre qu’elle se rende aux toilettes, qu’elle tente de trouver des agrafes ou de boire son café sans sucre. Si vous suivez bien mes conseils, c’est aisé.
Faire la petite manipulation toute simple mais que personne ne maîtrise qui bascule chaque appel sur un poste vers la boite vocale correspondante. Attendre le moment délectable où le Monsieur à la poche gauche gonflée ne se décide à traverser le long couloir qui mène des petites gens au bureau en mélaminé à celui qui les sous paye au bureau en marbre, pour hurler, qu’il ne parvient pas à la joindre.
Si possible ajoutez d’un air détaché, moi non plus je ne parvenais pas à te joindre !

Toujours plus technique.
Et c’est là que réellement on peut mesurer combien nos contemporains, les miens à cette époque là avec certitude, manquent de sens pratique, d’astuces, et comme je suis pourvue d’espièglerie. (c’est la vie de .…..) (je ne peux m’en empêcher, dès que j’entends espièglerie je me Candy ise).
Le croyez vous, il suffit de débrancher un câble, un seul, celui qui est proche du tableau électrique en général, dans un local technique parfois, ou pas, il suffit de débrancher le câble fournisseur de l’accès internet, intranet, réseau, pour affoler toute la société.
Et là, c’est jubilatoire.
La secrétaire, pas celle qui cherche encore la manipulation pour annuler le transfert d’appel vers sa boîte vocale allant même jusqu’à s’appeler elle-même avec son téléphone portable, non pas celle là, celle qui profite du foin, doublement, convoque d’urgence le responsable informatique qui est consultant, donc prestataire, donc pas disponible dans l’immédiat…
Répondre alors de façon systématique, « ben nan ya pas de réseau » à toute question concernant le suivi d’un container, d’un règlement ou de réponse à une annonce d’offre d’emploi de commercial rémunération intéressante si motivé.
A l’arrivée du technicien, admirer le temps nécessaire pour l’identification de la panne.  Lorsqu’après de longs quarts d’heure à s’agiter, tester les cartes réseaux, sortir du matériel de sa petite mallette en faux cuir offert par sa femme à son dernier anniversaire, (non je n’ai pas une image caricaturale de l’informaticien de base)  il ne consente à revisser le câble, négligemment, geste noyé aux milieux d’autres gestes d’expert, lui adresser un petit clin d’œil complice assorti d’un sourire innocent. (air interloqué de l’informaticien)

Mon astuce préférée, parce que si facile, si amusante, si crétine….
Word, Insertion automatique, onglet correction automatique, choisir le « remplacer » , « par ».
Attendre comme d’habitude le fameux moment d’absence de votre collègue préférée numéro 2, pas toujours la pire, elle finira par avoir des soupçons. La deuxième pire donc, la bonne suiveuse, celle qui relaye les méchancetés et autres ragots de la première.

J’avais choisi remplacer « et », un mot si peu usité dans les courriers de qualité littéraire si recherchée, par « ha merde ». C’est très très bête, c’est puéril, c’est surtout si difficile de ne pas se plier de rire devant les effets obtenus, les tentatives de syntaxe désespérée (pas de faute, c’est bien en l’occurrence la syntaxe qui est désespérée) pour remplacer ce « et » et la rumeur de mauvais œil qui parcourt les couloirs en effrayant tout le monde.
Foncez vous enfermer dans les toilettes pour effectuer la petite danse de la victoire, en silence, en pleurant de rire (c’est vous qui détenez le stock de papier).



Les petits trucs faciles, pour rappel malgré tout :
Dérégler les horloges, départs tardifs, précoces, assurés.
Répondre à son portable à une amie complice ou à sa messagerie « New York, à Noêl, j’adooooooore ! »
Apprendre par cœur une phrase en italien, genre « questo è alla moda? » et la citer en réunion devant un nouveau gadget. Se corriger alors d’un pardon, ma troisième langue vivante m’échappe parfois.

Et surtout, surtout un jour rentrer sans frapper dans le bureau au mobilier en marbre, regarder dans les yeux le monsieur à la poche gauche qui gonfle, balayer sa secrétaire d’un regard traversant, et prononcer la phrase suivante avec un sourire charmant :
« Vous, vos grosses, les connes, le boulot inintéressant et mal payé illégalement qui plus est, c’est terminé, je pars de suite, je veux mon solde de tout compte dans dix minutes agrafé à ma feuille de paye, et non je ne ferai pas les semaines de préavis sauf si l’inspection du travail m’y oblige. »
A faire si et seulement si vous avez décroché un autre emploi mieux payé qui permettra de découvrir un nouvel univers, de nouveaux collègues, et d’apprendre d’autres astuces, espiègleries….. c’est la vie de …..



Mon comparatif livreurs

Je sais que vous êtes nombreux à l'attendre, soyez rassurés, mon comparatif des livreurs est enfin prêt !
Pour mémoire et pour les rares de mes amis qui ignoreraient ma vie trépidante malgré mes incessantes conversations téléphoniques et autres babillages.
Les sélectionnés étaient donc :
Darty pour son opus "tiens elle est encore en panne ta machine à laver alors que je suis passé il y a deux mois et que je croyais que la pièce était valide"
Auchan pour son œuvre (oui pour mon fils Pierre la nourriture est une œuvre) voici mes cartons de frais et d'épicerie.
Ikéa, l'étranger du groupe, parce qu'il faut un quota d'étranger et que mes petits bras n'étaient pas assez forts pour prendre tous ces cartons.
J'avais décidé de d'exclure les pompiers, vous savez pourquoi, de toutes façons ils ne m'avaient rien livré et depuis ma petite mise au point je vois bien qu'ils me craignent. Oui, une fille d'1m60 et 48 Kg peut faire peur aux pompiers de Paris.

Donc mon comparatif.
Quand Darty dit venir entre midi et seize heures, ne restez pas coincés 4 heures à attendre, il viendra à seize heures.
Quand Auchan dit venir entre 20h30 et 22h30, idem, prévoyez des restes pour le dîner il viendra à 22h20.
Imaginez donc ma satisfaction, quand Ikéa dit venir entre 7 heures et 10 heures, je me disais que mon café de 10 heures sera délicieux. Erreur, le suédois est à l'heure, très à l'heure, c'est son côté nordique sans doute, le suédois (qui ressemble drôlement à un tunisien comme ses gens que des plateformes téléphoniques qui disent "bonjour c'est Michèle" alors que tu sens bien que c'est Khadija, et à qui je parle en arabe et qui me répond de même avant de finir en éclat de rire), le suédois donc il est là à 7 heures précises. Même si moi à 7 heures précises je ne suis pas toute là, j'ai des bouts restés contre l'oreiller, les yeux, mon célèbre bras gauche et ma vivacité.

La qualité du service.
Auchan et Ikéa ont été parfaits, 3 colis de frais, 4 colis d'épicerie, 1 de surgelés (des croissants des pizzas des framboises pour les rares qui croiraient encore que je nourris mes fils à grand coup de plats surgelés), 6 colis de visses, planches roulettes et notices très très bien faite. Rien ne semble manquer, Auchan a même poussé la gentillesse jusqu'à me faire des cadeaux gratuits, un échantillon de crème anti vergetures (je jure deux choses je n'ai jamais ouvert en petite culotte à un livreur quelconque, et de toutes façons je n'ai PAS de vergetures), ainsi qu'un bloc anti tartre pour les toilettes (pareil personne de chez Auchan ne s'est jamais soulagé chez moi). J'ai tout de même gardé ses présents, mon ex belle mère m'ayant enseigné que ça pouvait toujours faire plaisir lorsqu'elle m'a remis enrubanné un agenda 2010, cette année, qu'elle n'avait pas pu utiliser, offert par son boucher.
Darty lui, en revanche, il vient avec une pièce, il démonte la vieille pièce qui devait tenir des années qu'il avait dit en septembre et là il s'exclame, et voir un vietnamien plus petit que moi, assis sur ma machine à laver avec sa ceinture de force autour de la bedaine s'exclamer est déjà un spectacle en soi (pour ceux qui oseraient penser que j'ai de l'imagination je jure sur ce que j'ai de plus cher, mes cheveux donc, que c'est vrai) il s'exclame, hannnnn c'est pas la bonne pièce!!!!
Les costumes, très important la tenue, je le sais nous autres sages femmes sommes tenues au rose pour bien montrer dans un hôpital que nous sommes de la troupe des cigognes.
Auchan, rouge et blanc dès le camion, rouge et blanc sur le blouson, tout rouge du visage (l'effort sans doute des cartons qu'il empile et porte en sautillant dans l'escalier). Cohérent, rien à dire.
Darty extrêmement décevant, pas la petite musique (ben si comme pour la météo) même pas la camionnette qui gambade, et pas de blouson coordonné, dress code raté.
Ikéa, je suis navrée d'avouer qu'il aurait pu être en tutu anglais (si l'anglais à la différence du tutu français il est un peu plus tombant, comme dans la Bayadère par exemple) en astronaute ou même en Georges Clooney, c'est vous dire, je n'ai pas vu, rapport à mes yeux qui étaient restés sur mon oreiller.
Les phrases cultes...
Auchan, merci Madame et bonne soirée. J'en ai déduis que mes malheureux 3 euros étaient un pourboire correct.
Ikéa, bon ben bon réveil hein ma petite dame et attendez un peu pour le montage....
Darty : han ! pas gueulez Madame, important c'est la santé hein, tant qu'on a la santé tout va bien. (si si il l'a faite)
J'ajouterai cette deuxième phrase de mon nouvel ami Darty lors de son troisième passage avec la bonne pièce (faut gueuler quand même, c'est moche mais ça aide à laver dix jours de linge accumulé) en réponse à ma question, certes idiote, ça va fonctionner maintenant ? Réponse donc : sais pas Madame, c'est Dieu qui décide. Réjouissons nous de cette collaboration entre Darty et l'éternel, quel contrat de confiance !

Voilà chers amis, j'espère que cette petite étude vous sera profitable, n'hésitez pas à l'enrichir de vos expériences, Delphine pourrait par exemple nous expliquer comme dans livrer une baignoire en pierre Balinaise (qui a donc voyagé sans souci de Bali à Montmorency) le plus compliqué du voyage est Montmorency Pontoise...
Je me dois de terminer par mon livreur en or, celui à qui j'ai passé une commande et qui n'a rien raté, ni la pièce, ni le délai, ni la tenue, ni les phrases cultes, Olivier, mon cher ami Olivier qui est allé chercher le rêve de mon fils Paul puisque par paresse je n'avais pas envie de traverser tout Paris pour une guitare Folk de je ne sais plus quelle marque mais qui aurait disent ceux qui savent (des musiciens ça s'appelle) un son exceptionnel.

A bientôt pour d'autres comparatifs, n'hésitez pas à soumettre vos sujets, oui oui je n'ai que ça à faire....

ça m'énerve.....

 Je risque de casser un peu cette image de fille aimante, douce et rigolote parfois véhiculée par de précédents articles chargés de tendresse, mais je me sens en ce dimanche, l’âme à exprimer une de mes vérités…

Avertissement important, il y a un risque, non négligeable, pour qu’à la fin de cette lecture, vous reste en tête une ritournelle bien agaçante. Ceux qui ont résisté à l’espièglerie de Candy ont peut être une chance de s’en sortir indemne, les autres m’en voudront, sans doute, je promets le silence pour mes prochaines parutions.
Le risque : le « ça m’énerve » d’Helmut Fritz.

Pour mes amis qui ne connaissent pas, ceux qui écoutent du Tchaikovsky en mangeant du turbot, ceux qui résident à New York et vont voir Prince en concert, ceux qui écoutent Muse en Live, ceux qui chantent encore en boucle « t’es trop mignon mignon mignon mais gros gros gros » (appréciez alors la variété de mes amis), pour ceux là donc, inutile d’aller écouter sur youtube ce titre mémorable. D’abord parce que la lecture peut se faire sans cette contrainte et ensuite, ce n’est même pas la chanson de l’année 2010 élue par TF1. C’est vous dire.


Mon : « ça m’énerveeeeeeeeeeeeeeeeee »
Mon premier « ça m’énerve de l’année »
C’est le premier mais pas le plus important, tant d’autres, plus importants, suivront, n’en doutez pas. Mais hier, j'ai pris le métro... Alors...



Les provinciaux dans le métro.
Seuls mes amis parisiens, non véhiculés, non bobo avec passe vélib à l’année, une niche donc, comme on dit dans le marketing, vont comprendre. Mais même les niches méritent un article. 
Je demande à mes amis provinciaux, de me pardonner par avance, et de ne pas oublier que je suis aussi une parisienne, donc un modèle de tolérance, d'ouverture d'esprit et de gentillesse, forgés par le paiement d'un loyer indécent pour la surface allouée, la respiration de délicates émanations gazeuses, le récent traumatisme de la neige sur mon trottoir, celle qui paye parfois 1 euros 20 une baguette, celle qui remarque l'arrivée du printemps parce que le fleuriste au coin expose des jonquilles et qui profite en direct de toutes les manifestations syndicales bloquant l'accès à mon domicile avec de jolies chorégraphies de CRS.

Les provinciaux dans le métro, donc.
Vous qui débarquez aux heures de pointe, alors que vous êtes en vacances et que nos monuments, boutiques et autres sites prestigieux vont vous attendre toute la journée. Pour rappel, les musés parisiens, n'ouvrent pas à 8 heures, promis.
Vous qui courrez comme nous alors que personne ne vous attend au musée Grévin puisqu’ils sont tous figés et que le panneau : prochain train dans deux minutes ne ment jamais.
Vous qui vous collez devant la porte par peur de ne pas pouvoir monter nous empêchant ainsi de descendre et nous obligeant à vous bousculer, ce qui vous fait râler.
Vous qui me collez votre sac à dos dans la figure, parce que je suis petite et coincée derrière vous. Les mêmes qui allez vous plaindre après, parce que l'avoir collé sous le nez d'un pick pocket vous fera perdre, non pas votre bouteille d'eau, vos mouchoirs mais bien votre porte feuille et votre appareil photo.
Vous enfin qui montez en groupe, restez collés à la barre centrale et ou qui foncez sur les sièges libres  pour deux stations, je vous pose cette question :

Est-ce vraiment nécessaire, en plus, de nous regarder comme des bêtes curieuses ?
Vous ne le remarquez pas que nous sommes de vraies personnes ?
Vous nous croyez sourds ?
Vous pensez que le parisien qui prend le métro a toujours des écouteurs avec une musique à fond pour nous épargner vos remarques ? (quoique, là, peut être)
Vous jugez vraiment qu’il est indispensable de rester collés devant la porte, que quelqu’un va vouloir vous kidnapper le temps de son voyage ?
Pourquoi annoncer systématiquement la station à venir ? Elle viendra, elle viendra, et le fait d’en annoncer le nom dès le début du tunnel ne fait pas de vous un futur gagnant à Questions pour un champion.
Et pour cette autre niche, faite de provinciaux, supporters de football, qui se rend au stade de France ou pas d’ailleurs, en métro avec ses banderoles (Lens, Lorient, autre ville footballistiquement classée et bien sur… Marseille) vous croyez agréable à nos oreilles votre : Paris, Paris, on t’enc…..

Existe-t-il un manuel du provincial dans le métro dans lequel vous apprenez les phrases suivantes :
«  Mais dis donc ils en font une tête »
« Ho ben on est quand même mieux chez nous hein ! » « hein ? » « ben oui hein ! »
« Mais comment ils font pour faire ça tous les jours ? »
« Comment elle fait pour lire là dedans ? »
« ça pue en plus »
« Touche pas à la barre Jordan, ya des microbes partout »
« On viendra plus, c’est sur »

Et toutes ces petites remarques assorties de différents accents, breton, picard, marseillais ou strasbourgeois. Je ne les identifie pas tous, les accents, mais vous provinciaux,  je vous remarque de suite, et pas seulement pour les affronts et entorses graves commis à l’encontre de la dictature de la mode. Parce que là aussi, il y en aurait à dire, mais je suis une parisienne tolérante.

Alors j’ai envie de vous poser quelques questions :

La première, évidente, si vous êtes si bien chez vous, pourquoi être venu mesurer notre infortune ? Restez chez vous !

Ensuite, lorsque vous vous rendez à votre travail, un mardi de décembre pluvieux par exemple, dans votre voiture puisque vous n’avez pas la chance d’avoir un métro, le faites vous sur une route parsemée de pâquerettes, en écoutant l’hymne à la joie, habillés comme pour un mariage (de province), en dégustant des croissants chauds, racontant des blagounettes à votre passager et vous réjouissants à l’idée d’une journée de labeur ?

Enfin, n’êtes vous pas les mêmes qui râlez contre nous, lorsque nous venons à notre tour envahir vos délicieuses contrées (quelques régions sont exclues de fait, je ne les listerai pas ici, je me fais suffisamment d’ennemis comme ça) ?
N’est pas vous qui pestez contre notre présence dans vos supermarchés dont le chiffre d’affaires explose ?
N’est pas vous qui patientez dans la voiture derrière la mienne sur la route de la plage ?
N’est ce pas vous qui nous louez une partie de vos acquisitions immobilières ?
N’est ce pas vous qui tentez de nous empoisonner avec des spécialités locales avariées, des savons à l’huile d’olive paraffinée chinoise qui n’a jamais vu un noyau ou des crêpes aux coquillages de chez Picard ?


Alors je vous l’accorde, oui nous les parisiens, sommes un peu prétentieux, un peu envahissants, un peu sans gêne, un peu encombrants, un peu trop nombreux sur une période courte.
Oui, nous les parisiens, comme vous dîtes même pour les banlieusards, aimons venir profiter de votre soleil, votre espace, vos plages, votre nature, votre bon air pur.
Oui nous les parisiens avons si mauvaise réputation qu’elle est forcément justifiée, mais s’il vous plaît, lorsque vous prenez mon métro, à minima : taisez vous !
Parce que ça m’énerveeeeeeeeee.
Et promis, alors,  je serais une touriste parisienne dépensant son argent dans vos régions sans faire la fine bouche devant vos différentes arnaques, sans relever vos commentaires désagréables, et peut être même que je viendrais vous voir en juin ou en septembre, pour diluer un peu.

Les parisiens qui me ressemblent, si s, il y en a, j’en connais au moins une, avec qui j’ai souvent évoqué ce douloureux sujet, vont s’étonner de ne pas voir ici être dénoncés les touristes étrangers.
Ces allemands à sandales, même en février, ces Espagnols volubiles, ces Anglais blafards, ces Italiens du Milan AC, ces rares (dans le métro) moyen orientais suréquipés de sacs de boutique de luxe ainsi que ces asiatiques disciplinés, ceux là. Je ne peux pas, il paraît que leur présence dans ma ville est source de bienfaits financiers….

Je demande une trêve…. Et de l’indulgence, pour cet article, surtout aux Corses et aux Bretons du golf de Sables d’or les pins. Oui autant d’indulgence qu’il y a dans notre regard lorsque nous nous croisons…
Ouvrons ensemble l’ère de l’amitié « parisiens du métro & provinciaux du métro », ça m’énerve n’est pas bon pour ce que j’ai…..